lundi 9 juillet 2007

ITW

Sujet: ~Alain Soral : Réponse aux questions des membres !~ Partie 1 26/1/2007, 07:45

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Que répondez-vous à vos lecteurs anciens et fidèles qui pensent que vous avez perdu une part de votre liberté dans cet engagement au Front National ?
Qu’ils auront maintenant le sentiment de lire les écrits d’un militant et non plus ceux d’un homme libre ?


Je leur répond que ce n’est pas mon problème.
J’ai décidé de m’engager pour continuer à peser sur la réalité qui m’entoure, conscient que j’étais arrivé, par mes livres, au maximum de ce que je pouvais faire par les mots, et qu’au-delà, je sombrais dans l’art pour l’art, la littérature…
L’opposition homme libre / militant ne me semble pas pertinente. La plupart des écrivains qui se prétendent libres (sous entendu de tout engagement) sont en réalité trop lâches pour s’engager. Et plutôt que militant, je me sens homme d’action, puisque ce sont mes idées que j’essaie de faire passer au Front National pour le faire bouger, et non pas l’inverse.





Que répondez-vous aux gens qui sont convaincus que c’est par opportunisme et ambition personnelle que vous avez choisi cette voie au Front National ?
Animé par un esprit de revanche et une volonté de promotion « sociale » que vous n’auriez jamais acquis au titre d’autodidacte vis-à-vis du monde intellectuel et médiatique ?


Je répondrai d’abord que les médiocres, les mesquins, ont souvent tendance à projeter leur rapport aux choses et au monde sur les gens qu’ils prétendent comprendre et juger.
On assiste là, et c’est triste de la part d’internautes qui se croient libres de toute influence médiatique, à une « fogielisation » des esprits. Cette tendance systématique à tout analyser avec un petit cerveau de fiotte arriviste et fourbe, un cerveau qui ne conçoit plus rien d’éthique et de chevaleresque dans les décisions qui président aux destinées d’un homme.
Cette mise au point faite, je répondrai ensuite qu’il y a toujours, dans tout engagement, une part d’opportunisme et d’ambition personnelle.
Sans ambition, on ne devient pas plus écrivain qu’homme politique ou chanteur. Avoir le sens de l’opportunité, surtout quand celle-ci vous semble opportune ne me semble pas être un défaut non plus.
La deuxième partie de la question, encore plus vile, me semble en plus carrément grotesque.
Pourquoi parler d’esprit de revanche plutôt que d’esprit de combat ? De volonté de promotion sociale quand on choisit volontairement, par constance dans l’anti-conformisme et fidélité à ses maîtres et amis, le camp des réprouvés et des maudits du Système ?
Quant à la reconnaissance, j’ai celle du monde intellectuel – le vrai celui qui sait se faire discret mais qui dure - monde que je ne confonds justement pas avec le monde médiatique auquel j’ai renoncé, en conscience et avec assez peu de regrets, dès qu’il a s’agit de trahir amis et idées… S’il en avait été autrement, j’avais tout ce qu’il fallait pour terminer animateur télé.


Pensez-vous que l’on puisse à la fois se définir comme un républicain de gauche, avoir compris et aimé vos livres, rejeter en bloc la ligne sociale-démocrate du Parti Socialiste actuel, avoir voté NON au référendum, vomir la bien-pensance autant que l’idéal vendu par la société marchande et continuer de détester Jean-Marie Le Pen pour des motifs que l’on croit sincères et objectifs sans être pour autant une tapette bobo de la gauche essentialiste adepte de la réduction ad hitlerum ?

Détester Jean-Marie Le Pen quand on en est arrivé aux conclusions que vous évoquez avant, est forcément une pause moralisante un peu forcée et une inconséquence politique. Cette attitude se retrouve beaucoup chez les très jeunes gens, un peu bourgeois et esthètes, qui se posent plus la question narcissique de la faute de goût que celle du salut collectif.
Ces jeunes gens ne se rendent pas compte, faute d’expérience, que le Système, dans sa marche totalitaire, ne nous laissera plus longtemps les moyens de le combattre, et que même si Le Pen n’est pas parfait, il est, ici et maintenant, la seule arme efficace qui nous reste. Aux Etats-Unis par exemple, cette possibilité a été enlevée aux électeurs…
Je fais d’ailleurs le pari que ces jeunes gens hésitants et critiques me donneront raison demain, quand il sera trop tard. Qu’ils m’excusent de ne pas les attendre…





Ne pensez-vous pas que votre réquisitoire global sur l'état de la France a beaucoup moins d'impact ou d'utilité à l'extrême droite qu'à gauche, et que le "vieux fond idéologique" du Front National comme dirait Bernard Antony, coriace et très ancré, empêchera fatalement le Front National de muter en un mouvement républicain qui le situerait aux antipodes de sa nature profonde ?

Votre question, en plus d’exprimer un désir fataliste et la justification d’un lâche immobilisme, est la preuve d’un profond contresens politique.
Mon travail d’analyse et de critique est beaucoup plus utile au service d’un fort mouvement national-populiste, puisque aujourd’hui l’action efficace contre le capitalisme financier transnational - moteur de tous nos maux - passe nécessairement par la réhabilitation du nationalisme (Martinez dirait l’alternationalisme). En revanche, continuer à perdre mon temps avec une gau-gauche divisée et insignifiante, internationaliste dans son essence - donc voué à l’impuissance politique et pire encore à la collaboration inconsciente avec le Système, et ce tant qu’elle n’aura pas fait cette nécessaire révolution culturelle - aurait beaucoup moins d’impact, pour ne pas dire aucun, à part le plaisir sournois de me faire traiter de fasciste par des crétins !
Contrairement d’ailleurs à ce que votre question semble insinuer, les gens authentiquement de gauche, les plus fins comme les plus sensibles, comprennent très bien mon action, et l’hostilité viendrait plutôt de ce que nous, marxistes, avons toujours appelé avec dédain, les petits bourgeois…
Quant à la dernière partie de votre question, elle prétend fixer la droite nationale dans un essentialisme a-historique, qui n’est, une fois de plus, que la projection sur un mouvement plastique et divers, d’un fantasmatique fascisme mythique. Fascisme que nous, communistes, avons longtemps inculqué aux petits cons gauchistes pour les garder sur notre coulpe et celle du Comintern…





Karl Liebknecht a dit : « Quand l’ennemi de classe chante mes louanges, je me demande quelle erreur j’ai commise ? ». Ne pensez-vous pas que vous dérangez moins la bien-pensance (cf. les recentres railleries du Nouvel Observateur suite à votre adhésion au Front National) en ralliant leur ennemi plutôt qu’en faisant office de mauvaise conscience de la Gauche
pourrie ?


D’abord petite remarque liminaire, Karl Liebknecht devrait commencer par appliquer cette maxime à lui-même, puisque lui aussi, en chantant les louanges du prolétariat, chantait les louanges d’une classe qui n’était pas la sienne. Finalement, comme le disait Céline avec ironie dés le milieu des années 30, sur le prolétariat, les ouvriers eux-mêmes s’expriment rarement, d’autres, bons bourgeois, s’en chargeant pour eux, et à leur avantage !
La deuxième partie de votre question démontre encore à quel point elle émane d’adolescents naïfs !
Si je dérangeais moins la presse de gauche, elle n’utiliserait pas contre moi des arguments aussi extrêmes et aussi creux, type « Heil Soral ! » (pour commenter sans doute mon discours de Valmy ?). Une outrance et une malhonnêteté qui sont la preuve même de l’impuissance rhétorique et du malaise. Murray avec ces jeux de mots désespérés les gênait beaucoup moins…
Je précise en passant que l’article auquel vous faites allusion est signé de la « blonde » Aude Lancelin, et que c’est, en partie, la surabondante montée de ce genre d’idiotes dans la presse dite « de gauche » qui m’a convaincu qu’il n’y avait plus rien a espérer de ce côté là. La candidature de Ségolène étant, pour qui a lu mon « Vers la féminisation ? », la cerise qui fait déborder le vase !
Penser, en outre, que la mauvaise conscience est autre chose qu’un luxe chez le bourgeois de gauche, et que cette mauvaise conscience travaillée littérairement pourrait déboucher sur un quelconque bouleversement social à leur désavantage est, pour quelqu’un qui parle d’ennemis de classes, d’une naïveté qui frise la stupidité, et qu’on doit qualifier en bonne logique d’inconséquence. Comme le disait Flaubert, la seule chose qui fait peur au bourgeois c’est l’émeute… Et je vous garantis que s’il doit y avoir demain un mouvement anti-bourgeois sérieux, il ne viendra pas des étudiants bolos et autre théoriciens sociaux appointés par l’Etat, mais des damnés du Système : petits patrons, artisans, paysans, chômeurs, gens des banlieues… Exactement la même combinaison sociologique hétéroclite qui enfanta la Commune !





La Gauche social-démocrate qui avait du mal à vous classer dans des cases de pensée préfabriquées a enfin pu vous faire rentrer dans celle, si efficace, de diabolisé fasciste disqualifiant à peu de frais votre pensée authentique méritant mieux que les arrières salles des librairies orientées…qu'en pensez-vous ?
Je pense que par cette question, qui est en fait un constat, vous venez de conforter ma réponse précédente. Quand un bourgeois de gauche se met à vous traiter de « fasciste », c’est qu’il n’a plus aucun argument à vous opposer et que, ne pouvant plus vous neutraliser sur le plan rhétorique, il n’a plus d’autre choix que de vous déclarer la guerre. Comme ça au moins les choses sont claires. Reste ensuite à regrouper les forces qui vous permettrons de ne pas la perdre…


Dans votre dernier roman, le personnage principal, après multiples déboires, finit par se faire prendre dans un back room.
Votre démarche parait à certains la suivante : « Foutu pour foutu, je vais rejoindre Le Pen, quitte à prendre encore plus de coups (au sens propre comme au sens figuré) puis, à moyen terme, prendre le risque de me faire éjecter du parti ... en ayant tout perdu. »
Pourriez-vous me dire s'il existe un parallélisme quelconque entre la fin du roman et votre récent engagement politique ?

Encore une question qui sent son petit baudelairisme sodomite !
Contrairement aux branleurs qui encombrent les forums, la plupart impuissants de la pensée et de l’écriture qui jouent les intellos, les écrivains à très peu de frais (écrire des livres, développer une pensée, produire une œuvre sur la durée c’est autre chose…), je n’ai à la fois pas grand chose à perdre, et perdre pour faire joli est au-dessus de mes moyens. Je suis un déclassé, tout mes choix sont mus pas la nécessité de la survie et le désir de gagner. Pour des raisons de classe, des raisons économiques, le spleen m’est interdit.
Dans mon livre, le héros, mon double Robert Gros, se fait hara-kiri par un moyen des plus branchés, l’excès de sodomie dans un back-room (belle métaphore de notre modernité) pour que moi, Alain Soral, puisse momentanément laisser tomber la littérature, où m’attendait la mort sociale, et me sauver par la politique. Voilà la bonne explication. Tout le livre, Chute !, pour ceux qui l’ont bien lu, est une annonce de mon entrée en politique et le où, et le pourquoi… Alors quand j’en entends dire qu’ils ne comprennent pas, eux qui prétendent m’avoir lu et si bien compris livres après livres, je me dis que ces soit disant lecteurs étaient vraiment des consommateurs et qu’il était temps que j’arrête de m’abîmer les yeux pour de si profonds trous du cul !





Pourquoi devrions-nous croire d'avantage un Le Pen qui déclare qu’il n’est plus sur une ligne « reagano-identitaire » mais strictement républicaine et « z’y-vaphile » qu’un Sarkozy soutenant qu’il n’est plus le candidat du néolibéralisme atlantiste mais celui du gaullisme social ?

Là aussi, si vous n’avez pas senti la réponse par les fibres, l’intuition, c’est que vous n’êtes que des gamins, des puceaux de la vie.
Il n’est pas question de croire… Mais bien plus sérieusement de choisir entre un aventurier et un technocrate, un homme et un robot, le patron d’une PME, et le directeur des ressources humaines d’un fond de pension… Choisir entre Le Pen et Sarkozy sur un programme politique, économique forcément déclaratif et aléatoire… c’est n’avoir rien compris à ce qui se joue. Le choix est celui bien plus crucial, essentiel, de l’aventure humaine contre la mort. Le choix de Le Pen est au sens radical du terme un choix écologique ! C’est le choix de l’échelle humaine…


On sait que certaines idées inhérentes au Front National sont plus ou moins "rétrogrades" pour beaucoup (peine de mort, préférence nationale pour les logements sociaux, antimarxisme, etc). Comment abordez-vous les sujets que vous estimez contraire à votre éthique face à Le Pen ? Aurez-vous un poids considérable en matière d'application idéologique au sein du parti ou êtes-vous uniquement le pantin qui permet au Front National de se gauchiser, de paraître plus souple ?

D’abord en quoi la peine de mort, dont je me contrefous – j’ai expliqué longuement pourquoi dans «Jusqu’ou va-t-on descendre ? », ou la préférence nationale sont-elles des idées rétrogrades ? je peux vous démontrer en cinq minutes que je suis pour les deux pour des raisons progressistes. Tout ça est une question de vision globale, de perspectives et de dialectique. Sur l’anti-marxisme, j’ai aussi répondu longuement à cette question dans Eléments (excellente interview donnée à Alain de Benoist, lisible sur mon site). Les gens du FN sont anti-communistes par haine du régime soviétique et attachement à la liberté individuelle, ce que je peux comprendre. Les ouvriers aussi d’ailleurs, puisque anciens comme moi du PCF, ils votent aujourd’hui majoritairement FN ! En réalité, les gens du Front, tout en étant anti-soviétiques, sont souvent marxistes sans le savoir dans leur critique du capitalisme, de la consommation… Mon éthique a donc peu à souffrir car je suis, comme la plupart d’entre eux, profondément populiste. Ce qui me gêne, si je mets de côté les quelques droitards libéraux classiques dont la place est à l’UMP, ce sont les contresens faits par certains, par ignorance, manque de culture du concept, entre liberté et libéralisme, marxisme et gauchisme… Et c’est mon travail de faire de la pédagogie en interne pour élever le niveau, comme Politzer le faisait en d’autres temps au Parti Communiste. Les risques sont d’ailleurs strictement les mêmes : être manipulé, vaincu par des vendus, liquidé par l’ennemi. Mais si cette désillusion peut arriver partout - cf l’histoire récente du PCF - elle est certaine au PS, à l’UMP, chez les Verts… et ce qui m’horripile c’est que cette question morale ne vous vient qu’au sujet du FN, qui est pourtant le seul mouvement dont il n’est pas encore prouvé, encore certain, qu’il ira se vendre demain au Système…

vendredi 6 juillet 2007

ITW citron censuré

ITW finalement censurée par le rédac chef, monsieur TAITTINGER, un ami du peuple !)


1 - Tu fais quelque bruit depuis quelques années, en pointant une à une les petites et grandes misères de notre époque confuse. Avant d'entrer dans le vif du sujet, peux-tu te présenter succinctement à nos lecteurs : tes origines sociales et intellectuelles, ta vie, ton œuvre.



Je suis un déclassé de la moyenne bourgeoisie de province qui a eu la chance, sur le plan de l'éveil et de l'apprentissage, de rencontrer beaucoup de malheurs : ruine familiale, violences parentales, études écourtées chez les bons pères, mère suicidaire, père en prison, montée à Paris, solitude, petits boulots... Je raconte un peu tout ça dans mes divers bouquins : "Sociologie du dragueur", "La Vie d'un vaurien"... Quant à ma formation, elle est purement de terrain, beaucoup de lectures, de rencontres... Mon seul diplôme à ce jour étant celui "d'instructeur fédéral de boxe" !





2 - Ton dernier livre, Misères du Désir, décrit les ravages du marché de la libido sur les "jeunes", les banlieues, les pauvres, les hommes et, bien sûr, et finalement, les femmes... Brièvement, quelle est la genèse économique et sociologique de cette misère libidinale exponentielle ?


Sur ce sujet, je reprends la thèse du trop méconnu Michel Clouscard dont j'avais préfacé "Néo-fascisme et idéologie du désir"; la voici : après guerre, les capitalistes marchands, pour étendre le marché fatalement saturé de l'utilitaire, ont eu l'intelligence de lancer, en surfant sur le vent de liberté venu d'Amérique, le "marché du désir". Un marché de l'inutile dont le mécanisme fonctionne comme suit : un, réduire la liberté au désir, deux, réduire le désir à l'acte d'achat. Achat de quoi ? Des objets de désir promus par la mise en scène permanente du corps de la femme... Voilà en bref comment nous en sommes arrivés là : partout des gadgets inutiles et pour nous pousser à les acheter, des photos de femmes nues à côté !






3 - Le cul serait le ressort de l'individu en société, conditionnant toutes ses démarches. Kissinger disait que le pouvoir est le véritable aphrodisiaque ? Mais vu de plus bas dans l'échelle sociale, la séduction serait le véritable pouvoir ? Celle de la femme sur l'homme moyen, celle de l'argent sur la femme moyenne ?



Le lecteur post-adolescent le sait, ce qui le meut d'abord, c'est son désir d'être aimé, de posséder des femmes... Mais pour arriver à cette fin, sa stratégie se doit d'être indirecte : se faire une place dans la société, s'enrichir, accéder à un certain standing culturel pour optimiser son potentiel de conquête. Ce qui implique deux choses pas très belles à dire : un, que c'est plus dure de trouver la femme de ses rêves quand on est pauvre, et ce quelles que soient nos qualités d'âme; deux : que les femmes ne sont pas insensibles au charme du prestige social et de l'argent !






4 - Le sexe est donc le marché des marchés, sur lequel s'est plaqué le masque idéologique de la transgression : en quoi le mythe d'une "pornocratie" transgressive - pour parler comme mamie Breillat - n'est-il qu'une stratégie des leurres, visant à escamoter le sérieux du système, par la systématisation
du frivole ?



Le sexe est aujourd'hui ce qui meut le marché et aussi l'objet de consommation ultime, soit la photo de la mannequin en attendant la mannequin en chair et en os ! (En os surtout d'ailleurs). Pour cacher la médiocrité de cette course à la fesse dans un monde où tout nous y pousse, le tartuffe s'est inventé la "transgression". Au lieu d'avouer sa médiocrité de baiseur, de conquérant à la petite semaine, il prétend braver l'"interdit"... Ce fameux interdit judéo-chrétien dont il ne reste plus rien depuis au moins 20 ans... D'où ce côté un peu risible, effectivement, quand la mère Breillat monte sur ses grands chevaux pour nous raconter ses banales histoires d'adolescentes à problèmes, aussi risible que le vieux Cohn-Bendit nous parlant avec des trémolos dans la voix de sa révolution de 68 ! La seule chose que l'on doit reconnaître c'est que cette révolutionnette du "désir 68" est effectivement ce qui a le mieux protégé la bourgeoisie de tout risque de révolution sur le plan autrement sérieux de la production et de la gestion; d'autant plus que ce désir était, comme nous l'avons dit, le moteur même de la société de consommation !






5 - D'un tel système d'échanges, tu affirmes que, par nature, la femme est prédisposée à être le meilleur opérateur, avant d'être la victime suprême. Tu prends l'exemple de l'affaire Trintignant/Cantat, que les féministes désignent comme un simple conséquence du machisme ordinaire et toi, plutôt comme une conséquence symbolique du nouveau matriarcat des séductrices. En quoi les mouvements féministes (et leurs amis d'Act Up, etc.) sont-ils les meilleures courroies de transmission de cet ordre établi de l'économie libidinale ?



Je tente d'expliquer dans mon bouquin que le phallus c'est bien sûr la violence, mais c'est aussi sa sublimation historique dans le politique, la science, la métaphysique... Toutes disciplines qui ont tendance à éloigner de la consommation, tandis que le féminin a tendance à y ramener par le "psy-cul"... Ce qu'on comprend très bien en lisant ELLE, le magazine pour ménagères embourgeoisées à prétention culturelle : recherche du confort et déco d'intérieur, prime à l'amour et régimes amaigrissants... Bref, le marché, et qui plus est le marché du désir, préfère la vision féminisée des choses, c'est pourquoi il nous dit que la femme et le gay sont notre avenir... Ce qui n'est pas sans lien avec cette actuelle arrogance des séductrices et des gays qui se savent, plus ou moins consciemment, les chouchous du système !






6 - La mobilité sociale apparente générée par cette exogamie libérale-libertaire n'est donc qu'une manière d'apartheid fondée sur l'argent des uns d'une part, et sur l'éphémère capital de séduction des autres, seule force de production économique et sociale de ceux qui n'ont rien, d'autre part. La promotion canapé comme inévitable chemin vers le célibat sur le tard dans une banlieue pourrie ?



Je raconte là, revisitée et remise à la sauce actuelle, la plus vieille histoire du monde, ce que la sociologie appelle "circulation des femmes et reproduction sociale". Les belles filles échangent leur jeune physique contre leur promotion mondaine, les privilégiés se payent ainsi des filles au-dessus de leurs moyens physiques, les pauvres se branlent en banlieue et les vieilles belles finissent seules, chassées par les plus jeunes, et ce malgré l'illusion de la chirurgie esthétique ! Pour rendre encore plus crédible la démonstration, dans le livre je donne en plus des exemples et des noms !






7 - Morale de l'affaire, donc : désir et misère ne font qu'un. Le salut érotique et affectif du couple serait dans une chasteté progressive, affirmes-tu comme Jean-Paul 2. L'amour, comme du temps de Rimbaud, est à réinventer.



C'est la conclusion inévitable de l'essai; une conclusion qu'on ne doit tirer, bien sûr, qu'à la fin du processus, sinon ce qui se prétend sagesse ne serait, en fait, que de la frustration déguisée ! Oui, le but n'est pas de se soumettre à la tyrannie du désir, ce qui est le contraire de la souveraineté et de la liberté, mais de la domestiquer, progressivement, notamment par le couple, afin de pouvoir s'adonner adulte à ces passions autrement valorisantes que sont la culture, la science, la politique... Quant à l'amour, il n'est pas à réinventer, mais plutôt à libérer des violents mensonges du Marché !






Alain SORAL

jeudi 5 juillet 2007

interview sur le communautarisme

Communautarisme de séparation et communautarisme de domination, le point de vue d'Alain Soral
Par Communautarisme.net | 22 septembre 2003



Avec le style polémique qui le caractérise, Alain Soral livre ici, dans un entretien à l'Observatoire du communautarisme, un véritable brûlot à propos des éruptions identitaires.

Entretien réalisé par courrier électronique en septembre 2003



.........



Vous qui avez consacré une large place dans vos derniers ouvrages à la montée du communautarisme, comment analysez-vous le débat actuel autour de la laïcité et de la question du foulard islamique en particulier ?



La bonne foi m'impose de constater une certaine déraison quant à la question de l'anticommunautarisme actuellement en vogue.
Depuis les années 70 jusqu'au 21 avril 2002 (pour faire simple), le discours dominant, officiel, nous interdisait de nous plaindre des délinquants Nord-Africains sous prétexte qu'ils étaient jeunes (argument 68), qu'ils étaient différents (argument communautaro-différentialiste), qu'ils étaient pauvres (argument marxiste) et surtout que leur ressentiment légitime leur venait de l'odieuse colonisation française.


Ainsi, en réponse à l'insupportable délinquance Nord-Africaine subie par le beauf depuis qu'il fut chassé des centres-villes, le bourgeois, pourtant responsable de son sort, le traitait invariablement de "facho" comme on le lui avait appris. "On" désignant plus précisément l'intellectuel français souvent issu d'une communauté très en pointe dans le secteur des idées depuis son émancipation des ghettos au dix-neuvième siècle, et plus encore sur le terrain du discours après la défaite nazie.



C'est d'ailleurs ce que Finkielkraut disait lui-même récemment dans un dossier de l'Express consacré aux français juifs (10 octobre 2002) : "Nous avons pu jouer un rôle dans le désamour de la France vis-à-vis d'elle-même en contribuant à répandre une vision unilatérale et pénitentielle du devoir de mémoire".



Oui, chose étrange, depuis que le beur de banlieue n'aboie plus "sale français" mais "sale feuj" pour cause de solidarité "imaginaire" (comme dirait Alain Finkielkraut) avec les petits palestiniens de l'Intifada, ces mêmes intellectuels français, eux qui nous avaient interdit de nous plaindre, eux qui exigeaient même que nous battions notre coulpe de vilains colons exploiteurs, nous intiment l'ordre, dans autant de médias à la botte, de châtier les vilains beurs, ni jeunes, ni différents, ni pauvres, ni victimes désormais ; seulement machos et antisémites.


Message on ne peut plus clair : dans la République Française, être anti-français ce n'est rien, mais être anti-Israélien c'est impardonnable... surtout pour des intellectuels français qui ne manquent pas une occasion d'afficher leur soutien à ce champion contemporain du fascisme colonialiste et dont le chef vient d'être démocratiquement réélu haut la main, j'ai nommé l'Etat d'Israël du coolissime général Sharon !


Une bouc-émissairisation des Maghrébins de France qui s'est encore accrue depuis la chute de Bagdad, qu'on peut aussi comprendre comme la victoire des intérêts américano-israéliens et la défaite des non-alignés, défenseurs des petits peuples et de la cause palestinienne...






Comment expliquez-vous ce renversement ?




Entre la seconde Intifada et l'épopée Chirac-Villepin, certains intellectuels non-affidés, dont moi-même, avaient osé relever la tête, mais comme les résistants eussent été sans doute moins nombreux après 43 si les allemands avaient gagné à Stalingrad, depuis la victoire du cercle de la Bible et du Club de l'Armageddon, les candidats à l'héroïsme de la juste cause se font plus discrets, la soumission aux puissantes pressions et l'appel à la ratonnade atteignant des sommets : on oublie d'un coup dix ans de complaisance envers le Franco-Antillais délinquant junkie néo-yéyé Didier Morve-vil (dit Joey Starr), pour ne plus voir dans nos futurs artistes taggeurs-rappeurs de banlieue en d'autres temps encouragés par Jack Lang, que d'ignobles violeurs Arabo-Musulmans profanateurs de lieux de culte.


Un vaste plan de ratonnade mondiale, divisée par zones et par sexes, dans lequel Madame Fitoussi de Elle se voit notamment chargée de sauver les filles réputées "ni putes, ni soumises" pour mieux stigmatiser les garçons. Ces jeunes mâles Franco-Maghrébins d'origine arabo-musulmane pouvant en effet, s'ils réchappent au piège du rap et du biz, comme à la colère d'un peuple qu'on excite à dessein, constituer demain la communauté des citoyens français la plus hostile à la mainmise de la communauté qui lui fait face ici comme en Palestine, et qui, telle le roi Hérode, essaie aujourd'hui de tuer la rébellion dans l'œuf.
Mais les faits sont têtus et, contrairement à ce que s'efforce de faire croire le magazine Elle aux ménagères, le foulard à l'école c'est entre 100 et 150 cas en France l'année dernière contre mille il y a dix ans. Un problème statistiquement marginal qui touche au demeurant des filles bien scolarisées et souvent en rupture avec leur environnement. Un environnement dévasté qui ne leur propose pas - contrairement à ce que feint de croire le champion du formalisme républicain Max Gallo (formalisme dénoncé en son temps par Georges Darien dans La Belle France et qui explique le parcours consternant d'un Jean-Pierre Chevènement aux dernières présidentielles) - qui ne leur propose pas, dis-je, l'alternative : "musulmane intégriste" ou "citoyenne" style Louise Michel, mais l'insoumission identitaire du foulard contre la pétasse à nombril percingué Britney Spears, en attendant de faire lofteuse ou actrice de hard.






Ainsi, plutôt qu'un sursaut contre le différentialisme, vous voyez plutôt dans la radicalisation du discours contre le foulard le signe d'une accélération du communautarisme ?



Je pense qu'après l'échec de l'assimilation des populations immigrées des banlieues, dont les causes sont multiples et parfaitement identifiées : passif de la colonisation et de la guerre d'Algérie, ghettoïsation, sous-prolétarisation, disparition du père, choc du néo-matriarcat néo-libéral et du patriarcat des sociétés traditionnelles... Nous assistons chez les jeunes franco-maghrébins à un désir de fierté des origines comparable à la "pride" gay, et qui ne pouvant puiser dans le non-passé des banlieues se tourne vers l'Islam, comme culture et civilisation millénaire...


Contrairement à la lecture formaliste, rigoriste, à la Max Gallo, je pense que ce désir de fierté, cette recherche de racines, correspond, après le nihilisme du rap, à une démarche d'intégration. Devenir d'abord quelqu'un dans la société française avant de pouvoir devenir français. Ce qu'on appelle "islamisme" est donc, selon moi, une transition possible vers l'assimilation. La génération du foulard redécouvre la fierté d'être et avec cette fierté d'être, le projet de réussite sociale : le chemin de l'université. Ainsi peut se constituer demain, par les études et le diplôme, une classe moyenne arabo-musulmane de France dont les enfants seront fiers d'être français, comme tous les enfants d'immigrés dont les parents ont réussi en France... Une assimilation en trois temps en somme, dont nous vivons actuellement le deuxième : refus haineux de l'autre et de soi, intégration par la fierté des origines, assimilation...


Je crois en outre que le communautarisme qui se développe actuellement dans la communauté maghrébine est un "communautarisme de séparation" sur le modèle asiatique. N'oublions pas que les vietnamiens de France, arrivés avec les boat people, sont le parfait exemple - à la deuxième génération - d'une intégration réussie par le refus absolu de l'assimilation. Ce qui pose bien sûr un problème sur le plan de la rupture avec le modèle assimilationniste français, mais aucun sur le plan de la délinquance et de l'économie... Pour ne pas employer la langue de bois, je crois que la peur, et surtout la médiatisation de la peur de l'"islamisme", provient d'une erreur de lecture de la part des organisations communautaires juives, très actives dans la propagation de ce message de soupçon et de rejet. Une "communauté" juive (en réalité convergence des réseaux des juifs communautaires sionistes qui parlent abusivement au nom de la diversité des français d'origine juive...) qui projette son "communautarisme de domination" sur ce récent communautarisme maghrébin, dont le modèle est plutôt le "communautarisme de séparation" asiatique. En clair, autant les juifs se sentent à l'aise, et chez eux, dans une société néo-matriarcale néo-capitaliste à l'américaine dont ils occupent de façon de plus en plus visible la superstructure, autant les maghrébins dit "islamistes" s'y sentent mal et veulent s'en éloigner... Ce qui entraînera bien plus sûrement demain, dans nos villes, la multiplication de quartiers musulmans, type quartier chinois du XIIIème, que le noyautage orchestré de l'appareil médiatico-politique français...

interview TLEP

interview d ' Oumma

"La culture musulmane produit des hommes élevés dans des valeurs»
Interview d'Oumma.com | 29 janvier 2004
Propos recueillis par la rédaction



Vous avez déclaré au cours d’une récente interview qu’il y a une certaine déraison quant à la question de l’anticommunautarisme. Comment expliquez-vous cette particularité bien française ?

Depuis le milieu des années 80, l’idéologie dominante libéral-libertaire, notamment promue par le PS, a favorisé la montée des communautarismes sur le modèle anglo-saxon : communautarisme féministe, communautarisme gay, communautarisme régionaliste, communautarisme juif... Les défenseurs du modèle français républicain universaliste, au mieux méprisés comme ringards avec Chevènement, étant tour à tour traités de misogynes, d’homophobes, de jacobins, voir d’antisémites... Or, aujourd’hui que les Franco-magrébins musulmans - sans doute poussés dans cette voie par le blocage patent de l’ascenseur républicain - se mettent à leur tour au communautarisme, cette "arabian pride", à la fois fierté des origines et droit à la solidarité sur le modèle du "communautarisme victimaire", leur est soudain refusé. Refusé à eux et à eux seuls, par ces mêmes pro-communautaires à tout crin qui nous déclarent aujourd’hui sans vergogne, que le communautarisme musulman, et lui seul, est un danger pour cette République universaliste qu’ils foulaient hier au pied, au point de traiter ses rares défenseurs de suppôts de Le Pen, comme le petit Pierre Marcel de Libération au lendemain du fameux match France-Algérie de sinistre mémoire.


Je m’étonne au passage que si peu d’intellectuels ne s’étonnent d’un tel revirement.



Vous évoquez une « bouc-émissairisation « des Maghrébins de France qui s’est encore accrue depuis la chute de Bagdad. Pouvez-vous être plus explicite ?



Ces maghrébins que les politiques du pouvoir Giscardien ont fait venir sciemment en France comme armée prolétarienne de réserve et comme consommateurs sous-équipés - avec l’arrière pensée de casser en sus le sentiment d’unité nationale en attisant la haine du petit blanc paupérisé des banlieues contre l’étranger (pendant qu’on hait l’arabe, ses coutumes, ses odeurs... on oublie un peu le grand bourgeois exploiteur) -, ces maghrébins français ont fourni à la deuxième génération, c’est un fait, le gros du contingent de la délinquance depuis la fin des années 80. Or, cette réalité sociologique a été, jusqu’en 2001, absolument censurée par l’intelligentsia médiatique. Une intelligentsia qui interdisait vertement au "gaulois" de se plaindre, exigeant au contraire de ce pauvre petit salarié de banlieue précarisé, souvent Français lui-même depuis une ou deux générations et anciennement immigré d’Italie, d’Espagne, de Pologne... qu’il batte sa coulpe. Si les fils d’OS maghrébins nés du regroupement familial se comportaient dans les quartiers comme des sauvageons, c’était de sa faute à lui, le soi-disant vilain colon blanc exploiteur et fils de collabo ; les journalistes bourgeois du centre ville le lui répétait à longueur de médias !



Or, depuis que ces ex-Africains du Nord ne cantonnent plus leur hostilité aux Français de souche, mais aux israéliens et à leur supporters pour cause de solidarité "instinctive" avec leurs frères palestiniens (des jeunes en survêtements comme eux, parqués dans des ghettos à fort chômage et qui s’occupent en lançant des pierres à la police...), cette même intelligentsia qui nous interdisait de toucher à leur "pote" avec la petite main jaune, nous y incite aujourd’hui vigoureusement en nous expliquant, à longueur de propagande, que celui qu’elle avait pris pour un amateur de tag et de rap - bref un artiste incompris - était en réalité un ignoble violeur islamiste ; la salle d’outrage et le lieu de prière se jouxtant comme on sait dans les caves !



Bref, pour ne pas tourner plus longtemps autour du pot, on assiste en ce moment en France à l’importation médiatiquement planifié du "conflit de civilisation" mis au point par les conseillers de Bush pour inverser la lecture de l’invasion de l’Irak ; de ce qui se joue effectivement au Moyen-Orient et ici.



La bas, la énième conquête impériale et coloniale du monde arabe dans le but de renforcer la domination US et Israélienne. Ici, une nouvelle stratégie d’exclusion - après le piège du Rap - dans le but de maintenir les Français d’origine maghrébine dans leur statut de sous citoyen.







Vous remarquez qu’ on assiste chez les jeunes franco-maghrébins à un désir de fierté des origines comparable à la "pride" gay, et qui ne pouvant puiser dans le non-passé des banlieues se tourne vers l’Islam, comme culture et civilisation millénaire...



Oui, le piège du rap, tendu par les médias du pouvoir pour pousser le franco-maghrébin à s’identifier au noir américain du ghetto - c’est à dire à ce sous-prolétaire sans foi ni loi, prêt à tout pour ramasser la "maille" qu’incarne si bien le chouchou des télés Joey Starr, le piège du rap, dis-je, a toujours eu pour but de couper le Français d’origine maghrébine de ses racines véritables, l’Islam. Comme l’arbre, l’homme sans racines, si fort qu’il se montre en apparence, s’abat d’une pichenette et son ennemi le sait, lui l’homme si fier de sa longue histoire et qui s’ingénie sans relâche à manipuler l’histoire des autres.



Or, contrairement à l’idéologie à la fois nihiliste et ultra-libérale de la culture rap (je ne parle pas du baratin pseudo-révolutionnaire des textes, mais de la réalité du rap comme moyen d’ascension ultra-individualiste par l’inféodation au pouvoir du show-biz), la culture musulmane, elle, ne produit pas des délinquants drogués et suicidaires, mais des hommes élevés dans des valeurs. Des valeurs de dignité et de respect qui ressemblent beaucoup, finalement, à celles qu’on inculquait aux hommes de France, et à moi-même, avant la déferlante du néo-matriarcat à l’américaine importé par mai 68.







Vous écrivez que dans la République Française, être anti-français ce n’est rien, mais être anti-Israélien c’est impardonnable...



L’Affaire Dieudonné n’est-elle pas sur ce plan exemplaire ?




Tant que ce Français d’origine camerounaise fustigeait l’esclavagisme blanc, qu’il se présentait contre le Front National à Dreux, tout les antiracistes avaient pour lui les yeux de l’amour. Mais du jour où il a cru pouvoir étendre - naïvement sans doute - sa critique du racisme et du colonialisme d’une France fantasmée, à la réalité très contemporaine d’un petit Etat du Moyen-Orient qui pratique ouvertement une politique d’apartheid, et ce par un pauvre sketch télévisuel dont on peut contester la drôlerie, mais nullement le contenu de gauche, ces mêmes forces unies de l’antiracisme institutionnel s’acharnent désormais à nous dépeindre - je devrais plutôt dire repeindre - le comique franco-camerounais anti-Frontiste Dieudonné en néo-nazi (avec pour Gilles Médioni de l’Express une possible subvention d’Al Quaïda) ! Dans le même temps, à l’ombre de cette campagne de dénigrement orchestrée, des associations communautaires qui ne représentent qu’elles mêmes, s’acharnent un peu partout dans nos bonnes villes de France, à faire annuler ses spectacles par des menaces de troubles à l’ordre public ! On voudrait nous faire croire à l’existence en France d’un puissant lobby sioniste et à sa mainmise sur le monde du spectacle, des médias, voir de la politique, on ne s’y prendrait pas autrement !






Enfin vous soulignez qu’ en France, la vraie violence se situe entre les juifs pro-israéliens et les Français d’origine juive universalistes et pro-palestiniens.



Oui, seule une lecture attentive de la réalité, un décryptage constant des manipulations médiatiques, peut nous éviter de sombrer dans le piège que nous tendent à la fois les ultra-sionistes et les antisémites pathologiques, je veux parler de ce dangereux fantasme d’une communauté juive, une et indivisible, marchant comme un seul homme, (et) bras tendu derrière le général Sharon et les héritiers likoudziques du sioniste révisionniste Jabotinsky, ce dangereux fantasme d’une communauté juive mythifiée qui conduit Alain Finkielkraut à définir, dans les colonnes même du Monde, 99% de la population de ce pays comme "non-juifs", soit par le défaut congénital d’une qualité ontologique !



Dans la réalité, il y a Alexandre Adler et Rony Brauman, Bernard-Henri Lévy et Serge Halimi, Jacques Tarnero et Eyal Sivan, Arthur et Alain Chabat... Et, au risque de jouer les Cassandres, j’ai bien peur qu’il soit malheureusement dommageable, à moyen terme, aux individus Français d’origine juive, que les médias, par simple peur du méchant, donnent si souvent la parole à ceux-ci plutôt qu’à ceux là...







Une question plus personnelle. Après le succès de votre livre Jusqu’où va-t-on descendre ? (Abécédaire de la bêtise ambiante), quel sera le thème de votre prochain ouvrage ?



Je vous signale qu’après le succès de ce premier abécédaire qui osait, avant le 21 avril 2001, dénoncer la tartuferie du discours médiatico-politique de toute l’époque post-soixante-huitarde sur la question des banlieues, j’ai sorti, l’année dernière, "Socrate à St Tropez", second abécédaire traitant plus particulièrement des manipulations communautaires. Un ouvrage si bien ostracisé par les médias que vous n’en avez visiblement pas entendu parler, vous qu’il concernait pourtant au premier chef !



Et puisqu’il faut finir par un peu de promo, je sors, le 22 avril prochain, un nouveau livre intitulé "Misères du désir" qui traite, comme son nom l’indique, de toute cette misère sexuelle contemporaine qu’a pour fonction de cacher la pornographie médiatique. Y figure notamment un chapitre sur la frustration vécue par la population mâle des banlieues qui remettra un peu les pendules à l’heure après tout ce harcèlement sur les "tournantes" et le foulard, ce qui n’est pas sans rapport avec notre sujet !





Vive la République et Dieu vous garde.